Histoire du Portrait

Petite histoire du portrait

Le portrait se définit par la représentation sculptée ou peinte de la figure humaine. C'est un genre profondément enraciné dans la culture occidentale, présent dès la plus haute antiquité. Il a servit d'articulation entre le sacré et le profane, la société et lindividu.

 

La fonction de mémoire

Mais le portrait a aussi une fonction de mémoire : Il garde le souvenir des êtres chers, il perpétue celui des grands hommes.

Dans son Histoire Naturelle, Pline lAncien rapporte un des mythes fondateurs du portrait. La poétique légende attribue à une jeune fille amoureuse linvention du premier portrait. La fille du potier Dibutadès de Sicyone établie à Corinthe voulait garder limage de son amoureux qui devait partir pour un lointain voyage. Pour cette raison elle dessina sur le mur de sa chambre le profil du jeune homme grâce à lombre projetée. Puis son père appliqua de largile sur cette esquisse, modelant ainsi un relief.

 

La fonction funéraire

Dans lEgypte pharaonique, il fallait préserver lapparence en vue de la vie dans lau-delà.

 

Le portrait politique

Le portrait apparaît très tôt dans lhistoire de lart. Les civilisations de lAntiquité égyptienne, étrusque, grecque et romaine lui attribuent des valeurs essentiellement religieuses liées à la représentation des morts. Toutefois le portrait joue aussi un rôle politique en Grèce en permettant de renforcer le pouvoir des puissants. Il rend hommage aux grands hommes de la cité, ainsi il en perpétue le souvenir. Puis la recherche de singularité sefface au profit de la mise en place darchétypes.

 

Le portrait religieux

Le monde carolingien maintient la tradition romaine du portrait politique. Pourtant, pendant la période du bas Moyen-Âge, le triomphe de liconographie religieuse met un peu de côté le portrait privé. Par conséquent lindividu ne trouve pas sa place dans cet art de la spiritualité et du sacré.

Lart funéraire du XIe siècle, avec lapparition des gisants, permet enfin un retour des représentations dindividus, mais ces derniers sont très stéréotypés. Ces portraits reflètent le style des différents ateliers dartistes plutôt que les véritables caractéristiques physiques des personnages représentés.

 

Le portrait de cour

La Renaissance marque la réapparition, voire « linvention » du portrait. Cela s'explique du fait de la mutation profonde de lesprit religieux et dune évolution de la société qui permet à lart de cour de se développer.

Les grands mécènes privilégient alors les entreprises personnelles et la représentation individuelle. Quittant le domaine religieux, le portrait devient un genre autonome dans lequel la place de lartiste et sa relation avec le portraituré saffirment.

Au XVIIe siècle, le portrait de cour domine. De fait les artistes mettent en place une hiérarchie des genres dans laquelle le portrait se place en deuxième position derrière les scènes historiques.

Au XVIIIe siècle, se faire portraiturer devient une pratique courante dans toutes les couches aisées de la population. En effet les bustes sculptés et les portraits peints occupent alors une grande part de la production artistique de cette époque. Dorénavant le portrait connaît son âge dor.

Au XIXe siècle, la diversité des courants artistiques et des sensibilités permet au genre du portrait d'évoluer. Dès lors on traite de la psychologie des personnages. Enfin lessor de la photographie, dans les années 1850, vient apporter un nouveau regard sur limage de soi.

 

Le portrait prétexte

Au XX e siècle le portrait devient plus intime. Le genre du portrait devient un prétexte. Il représente lattitude du peintre dans sa société.

Qu'est-ce quun portrait ?

Portrait en pied, qui se limite au buste ou à la tête, modèle présenté de face, profil ou trois-quarts, portrait nu, en costume, accompagné dattribut, portrait de famille, portrait de groupes, le fond (neutre, paysage), la forme, rôle des objets…